Airbus dans un trou d’air

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© Paul BANNWARTH

Airbus a publié jeudi des résultats financiers en baisse pour le premier semestre 2017. Le résultat opérationnel ajusté de la division Commercial Aircraft plonge de 35%, expliqué en partie par des étalements de livraisons. L’avionneur reconnaît avoir un problème avec ses motoristes, en particulier Pratt & Whitney.

Airbus fait grise mine. Non seulement ses commandes sont à la traîne par rapport à Boeing, mais ses résultats financiers du premier semestre sont en recul. Le chiffre d’affaires est stable comparé à l’année dernière, soit 28,7 milliards d’euros. En revanche, le résultat net du groupe baisse de 15%, à 1,5 milliard.

La division Commercial Aircraft, qui assure plus de 75% du revenu total, a pesé dans ces résultats. Avec la livraison de 306 avions contre 298 au premier semestre 2016, son chiffre d’affaires a progressé de 3%. Mais le résultat opérationnel ajusté accuse une baisse de 25%, à 954 millions d’euros contre 1,26 milliard un an plus tôt. Selon le constructeur, cette contre-performance est due essentiellement à un mix défavorable et à l’étalement des livraisons, ainsi qu’aux prix de transition.

Airbus a reçu 203 commandes nettes d’avions commerciaux, 20 de plus qu’au premier semestre 2016. Ceci porte le carnet de commandes à 6 771 appareils. Après un début d’année calme, la grande majorité des contrats ont été signés au cours du salon du Bourget en juin : 144 commandes fermes et 202 engagements d’achat.

Des problèmes de moteurs

« L’environnement des avions commerciaux est sain et le carnet de commandes robuste continue de soutenir les programmes de montée en cadence de production » , assure Tom Enders, président exécutif d’Airbus. « Cependant, nous devons actuellement surmonter des difficultés liées à des problèmes de moteur, que nous allons résoudre grâce à une feuille de route clairement définie (….). Nos priorités au second semestre consistent clairement à mener à bien nos programmes et à tenir nos objectifs de montée en cadence de production » .

En ce qui concerne le programme A320neo, 59 exemplaires au total ont été livrés depuis le début de l’année, contre 8 au premier semestre 2016. Mais, selon Airbus, des défis demeurent quant à la montée en cadence de production. « Les clients continuent d’enregistrer en service un certain nombre d’aléas liés aux moteurs. Le motoriste Pratt & Whitney a introduit des mesures correctives, qui n’ont toutefois pas encore donné entière satisfaction en conditions normales d’exploitation » , déplore Airbus. « L’objectif de livrer environ 200 A320neo en 2017 est toujours valable, quoique plus difficile à tenir compte tenu de ces problèmes de moteur » .

10 A350 par mois d’ici la fin 2018

Airbus semble plus optimiste pour le programme A350. Qatar Airways a annulé quatre appareils au début du mois, apparemment en lien avec des livraisons retardées. Mais l’avionneur assure que la montée en cadence de production de l’A350 « a bien progressé » , avec 30 livraisons réalisées au premier semestre 2017, contre 12 durant la même période l’année dernière. Il réitère que le programme est en bonne voie pour atteindre son objectif de production de 10 exemplaires par mois d’ici la fin 2018. Les perturbations de la chaîne d’approvisionnement continuent de se résorber, indique aussi le constructeur.

8 livraisons d’A380 pour 2019

Le programme A380 subit quant à lui une nouvelle réduction de la cadence de production. « Au vu de la situation du carnet de commandes de l’A380, les livraisons prévues en 2019 seront ramenées à huit exemplaires » , annonce Airbus. Ce chiffre est à comparer aux 15 A380 qui devraient être remis cette année, et aux 28 qui l’ont été l’année dernière.

Des objectifs 2017 maintenus mais conditionnés

Les perspectives d’Airbus pour 2017 reposent sur des taux de croissance de l’économie mondiale et du trafic aérien international conformes aux prévisions d’analystes indépendants et sur l’absence de perturbation majeure.

Dans ce contexte, il maintient son objectif de livrer « plus de 700 avions commerciaux »  en 2017. Mais il ajoute une condition : que « les motoristes respectent leurs engagements » .

 

Photo © Paul BANNWARTH

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1 COMMENTAIRE

  1. Et ca n’a rien a voir avec la démotivation generalisee au sein de l’entreprise ou a la course a l’argent a tout prix? Changement d’organisation permanente, prime aux lèches bottes et aux béni oui-oui! Ce n’ai que le debut!

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