Grève des avitailleurs en Martinique : la FNAM s’inquiète

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Grève des avitailleurs en Martinique : la FNAM s’inquiète

Alors que les avitailleurs en kérosène sont en grève illimitée à la Martinique, la Fédération nationale de l’aviation marchande (FNAM) pointe des « perturbations » pour les passagers et des « impacts financiers importants » pour les compagnies aériennes. L’organisation appelle à une sortie de conflit « sans délai » .

La FNAM et ses compagnies membres desservant les Antilles (Air Caraïbes Atlantique, Air France, Corsair International, XL Airways) ont déploré hier jeudi dans un communiqué « ce mouvement social particulièrement préjudiciable en pleine période estivale » .

En effet, depuis le 10 août dernier, cette grève rend aléatoire la possibilité de faire les pleins de carburant à l’aéroport de Fort-de-France. Pour se ravitailler, les vols long-courriers vers Paris doivent faire une escale sur un autre aéroport caribéen, à la Guadeloupe ou la Barbade notamment.

La FNAM assure que ses compagnies aériennes prennent « toutes les dispositions » pour limiter les perturbations et assurer le bon acheminement de leurs passagers vers Paris, et en correspondance au-delà.

Mais les conséquences du mouvement social sont déjà nombreuses, selon la principale organisation professionnelle du secteur aérien : « les passagers sont directement pénalisés par des temps de vol allongés, des attentes au départ des escales techniques et des retards importants à l’arrivée ; la desserte de Fort de France est très perturbée et l’attractivité de la Martinique impactée ; des lourds surcoûts opérationnels en découlent pour les compagnies aériennes françaises ; des vols risquent d’être annulés à chaud, avec des centaines de passagers bloqués dans l’aérogare de Martinique – Aimé Césaire » .

Le communiqué poursuit : « à l’approche de la rentrée, la FNAM demande sans délai la pleine disponibilité d’un avitaillement en kérosène, pour permettre la réalisation de la totalité du programme des vols prévu. La FNAM souhaite ainsi que la qualité de la desserte de continuité territoriale de la Martinique soit restaurée et que cessent d’une part les perturbations pour les usagers et d’autre part les impacts financiers importants engendrés » .

Un conflit qui s’enlise

L’inquiétude des professionnels du transport aérien se fait jour alors que le conflit semble dans une impasse.

Selon le site France-Antilles, le mouvement a débuté le 4 août par deux heures de débrayage quotidiennes, puis par une grève illimitée cinq jours plus tard. Les négociations entre les salariés grévistes et la direction du Groupement Pétrolier Avitaillement de Fort-de-France (GPAF), commencées dimanche dernier, ont échoué lundi soir.

« Là où les grévistes continuent à demander deux embauches, la direction propose le recours ciblé à des intérimaires les week-ends ou lors de toutes « situations imprévues » , explique France-Antilles.

En outre, le conflit menace de s’étendre. Un syndicat de Guadeloupe (l’UGTG) a prévenu qu’il pourrait appeler à une grève illimitée si aucun accord n’était trouvé avec la Martinique.

 

Crédit photo : Maxime ✈ / Wikimedia – CC BY-SA 2.0

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