Airbus brevète un avion deux fois plus rapide que le Concorde

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Airbus vient de breveter aux Etats-Unis un concept d’avion deux fois plus rapide que le Concorde, grâce à un ingénieux système de moteurs. Paris ne serait plus qu’à trois heures de San Francisco.

Ce brevet qui a été accepté en juillet 2015 par l’US Patent and Trademark Office, a été découvert par Deepak Gupta, qui réalise une veille technologique sur son site Patent Yogi.

Le concept est décrit par Airbus comme “un véhicule aérien comprenant un fuselage, une aile delta gothique distribuée de chaque côté du fuselage, et un système de moteurs capables de propulser le véhicule dans l’air” .

Trois types de moteurs différents sont en effet prévus pour cet avion du futur : un ou plusieurs turboréacteurs pouvant être rétractés dans la partie avant du fuselage, un ou plusieurs statoréacteurs à géométrie fixe, et un moteur de fusée disposé dans la partie arrière du fuselage, où une porte peut s’ouvrir ou se fermer pour exposer ou non ce moteur à l’extérieur.

Les trois types de moteurs sont utilisés de façon séquentielle pendant les différentes phases de vol : pendant le roulage, le véhicule est propulsé par les turboréacteurs pour s’aligner sur la piste. Durant le décollage, les turboréacteurs et le moteur de fusée sont utilisés pour placer l’appareil presque à la verticale, comme la navette spatiale. Juste avant d’atteindre la vitesse du son, les turboréacteurs sont rétractés pour ne laisser que le moteur de fusée qui permet d’atteindre l’altitude de 30 à 35.000 mètres et la vitesse de Mach 4 à Mach 4,5.

De cette manière, l’appareil ultra-rapide “présente une vitesse deux fois plus élevée que celle du Concorde, soit Mach 4+, et une altitude de croisière supérieure de plus de 20 km à celle d’un aéronef commercial classique” , précise Airbus dans le brevet. Il peut couvrir “des distances de l’ordre de 9.000 km (par exemple, Paris-San Francisco ou Tokyo-Los Angeles) en trois heures” , ajoute-t-il.

Un autre avantage offert par cette invention est de limiter le bang supersonique au moment où l’appareil dépasse le mur du son. Le  Concorde, avec ses quatre moteurs Rolls Royce de l’époque, avait souffert de ce handicap, puisqu’il avait été interdit de survoler le territoire des Etats-Unis, ce qui avait constitué un obstacle à sa commercialisation. En outre, l’utilisation d’hydrogène, décrit par l’avionneur comme le “carburant de l’avenir” , permet de limiter l’impact sur l’environnement.

Airbus prévoit pour son invention des applications civiles et militaires. Pas de quoi cependant donner un successeur au Concorde : ce “véhicule aérien” est conçu avec une capacité d’emport de 2 à 3 tonnes, soit par exemple une vingtaine de passagers.

Concept d'avion du futur selon Airbus - © Airbus

Il est d’ailleurs peu probable que ce concept voit le jour en tant que tel, mais les technologies décrites pourraient trouver leur place sur de futurs modèles d’Airbus.

Rappelons que le groupe avait mentionné plus tôt cette année qu’il  disposait d’une équipe travaillant sur les appareils à grande et très grande vitesse. “Nous avons une tradition depuis le Concorde, et il y a une vraie demande pour la grande vitesse » , avait déclaré en mars 2015 Tom Enders, le PDG d’Airbus Group, ex-EADS, qui regroupe l’avionneur Airbus, Airbus Defence and Space, et Airbus Helicopters.

La vidéo de Deepak Gupta ci-dessous (en anglais) explique le fonctionnement de l’invention brevetée par Airbus.

1 COMMENTAIRE

  1. Je ne suis pas sûr que l’homme d’affaires pressé et stressé apprécie beaucoup de se prendre 2 ou 3 g d’accélération avec une montée à la verticale peu après le décollage suivie d’une ressource sans doute proche d’une apesanteur subie. Parfait pour rendre son quatre heure… C’est moins glamour que la coupe de champagne servie par une hôtesse en tenue Christian Dior après le décollage sur concorde. Mais bon les temps changent… Le concept est forcément très correct du point de vue de l’ingénieur – c’est un peu le seul qu’on puisse pour le moment imaginer vu que le ramjet ne fonctionne qu’à très haute vitesse et qu’on imagine mal un vol commercial sans propulsion classique pour le décollage et l’atterrissage. Enfin le moteur fusée semble incontournable pour le moment tant que les ramjets ne pourront commencer leur propulsion sans avoir atteint une vitesse suffisante. Après la bonne question à se poser c’est combien on sera près à payer pour ne plus avoir besoin que d’1h ou 2h pour des transatlantiques ou des très longs courriers et surtout si on sera près à se prendre une telle expérience de vol ! Bref la route est longue.

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