Ryanair : un programme record à Londres, en attendant le Brexit

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Ryanair : un programme record à Londres, en attendant le Brexit

Ryanair prévoit d’opérer un programme record pour l’été 2018 sur ses trois bases à Londres, où elle proposera un total de 168 routes. Mais le Brexit continue d’inquiéter la low-cost irlandaise qui menace toujours de suspendre des vols au Royaume-Uni à partir d’avril 2019 si le gouvernement britannique et l’Union européenne ne signent pas à temps un traité aérien. Pour faire entendre sa voix dans ce dossier, Ryanair a adhéré à Airlines UK, l’association des compagnies aériennes britanniques.

Ryanair a présenté le 31 août son programme pour Londres à l’été 2018. Six nouvelles routes ont été annoncées, toutes vers l’Europe du Nord et de l’Est.

L’aéroport de Londres-Stansted concentre cinq nouveautés : Aalborg au Danemark (4 vols par semaine), Düsseldorf-Weeze (4 vols par semaine) et Francfort (2 vols par jour) en Allemagne, Oradea en Roumanie (3 vols par semaine) et Pardubice en République tchèque (3 vols par semaine). Au total, Ryanair proposera 144 routes depuis Stansted, avec l’objectif de transporter 4 millions de passagers par an.

La sixième nouveauté sera lancée à Londres-Luton : Bydgoszcz en Pologne (4 vols par semaine). Sur cet aéroport qui est aussi le siège de sa rivale easyJet, Ryanair proposera 19 routes avec l’espoir d’accueillir 7 millions de passagers par an.

Londres-Gatwick ne bénéficiera en revanche d’aucune nouvelle ligne. Ainsi, Ryanair proposera cinq routes : Alicante (1 vol par jour), Belfast (4 vols par jour), Cork (1 vol par jour), Dublin (7 vols par jour) et Shannon (1 vol par jour). Avec ceci, la low-cost compte y transporter 8 millions de passagers par an.

Ryanair indique qu’elle continuera donc à relier Londres aux principaux centres d’affaires durant l’été 2018, avec « des services à fréquence élevée et à faible prix » . Sont citées dans un communiqué les villes de Berlin (4 vols par jour), Dublin (18 par jour), Edimbourg (4 par jour), Madrid (4 par jour) et Rome (5 par jour).

Les craintes pour le Brexit ne sont pas dissipées

Michael O’Leary, le directeur général de Ryanair, précise qu’avec un total de 168 routes, la compagnie espère transporter à Londres 24,8 millions de passagers en 2018. Il assure également que les clients britanniques et les visiteurs réservent les sièges pour l’été et l’hiver 2017 « en nombre record alors que les tarifs continuent de baisser » .

Le dirigeant ajoute que « nous restons préoccupés par l’incertitude qui entoure les termes du départ du Royaume-Uni de l’Union européenne en mars 2019 » .

Ses craintes portent sur « l’absence de temps » ou « de bonne volonté des deux parties » pour négocier en temps utile un traité bilatéral qui remplace l’adhésion du Royaume-Uni au Ciel Ouvert européen.

Michael O’Leary entrevoit ainsi la possibilité qu’à partir d’avril 2019, les vols de Ryanair entre le Royaume-Uni et l’Europe soient momentanément « perturbés et/ou annulés » , et ses avions « déplacés vers l’Europe continentale » . Des perspectives déjà évoquées au printemps dernier, et répétées depuis lors.

Ryanair rejoint l’AUK

Il faut dire que le Royaume-Uni représente environ un tiers du trafic de Ryanair (44 millions de passagers sur un total de 131 millions cette année). Elle a donc décidé de rejoindre Airlines UK (AUK), l’association qui représente les compagnies aériennes enregistrées au Royaume-Uni. La low-cost irlandaise y adhère en tant que « membre international » , un niveau d’adhésion qui vient d’être créé par l’AUK.

« Nous comprenons combien il est essentiel que toutes les compagnies aériennes s’unissent pour faire pression en vue d’une solution efficace qui permette de poursuivre les vols du Royaume-Uni après avril 2019 » , explique Michael O’Leary.

Outre le Brexit, Ryanair compte aussi travailler « en étroite collaboration » avec les compagnies aériennes britanniques sur des dossiers comme le contrôle aérien et les retards qu’il génère, ou les redevances aéroportuaires.

Photo © Paul BANNWARTH (Boeing 737-800 de Ryanair à Francfort)

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