Ce dimanche, Philippe Jacut nous livre ses impressions après un vol Paris-Tallinn via Helsinki sur FINNAIR, en classe Business.

Philippe, cadre international à la retraite, se décrit lui-même comme « un fana des avions commerciaux et des aéroports » . Avec à son actif 71 pays visités, 100 compagnies aériennes prises et 100 types d’avions utilisés, son regard sur le transport aérien est forcément sans concessions.

Philippe totalise par ailleurs 800 h de vols lâché sur 25 modèles d’avions privés, planeurs ou ULM, et s’implique dans de nombreuses activités aéronautiques.

À l’occasion d’un voyage à Tallinn, la capitale de l’Estonie, j’ai choisi de partager avec vous une expérience au départ de Paris-CDG, via Helsinki et la Finlande.

Réserver… Voilà bien une première étape pleine de surprises car il faudra choisir entre comparateurs, agences intermédiaires ou les compagnies aériennes en direct. Je vous passe le florilège des propositions avec plusieurs escales via Istanbul ou Moscou et pas moins de 23 heures de trajet global. Je crois qu’il y a de l’optimisation à faire sur les algorithmes… Je choisirai FINNAIR directement sur leur site.

Les tarifs… C’est la chasse à la meilleure offre. Tout est dit avec plus ou moins d’exactitude sur le sujet. Réserver très tôt ou en « last minute » ne change pas grand-chose au débat car il n’y a pas de règle avec le « yield management » – gestion des compagnies aériennes qui a pour but de rendre le vol rentable à tout prix et donc de jouer avec vos nerfs sur la fluctuation des tarifs. J’en ferai l’expérience. En effet j’opte pour un vol en classe économique à 235 euros qui, grâce à mes 20.000 points de fidélité, se réglera en ligne, 4 mois avant le départ, à 185 euros.  Sauf que, une quinzaine de jours avant le départ, je trouve sur un comparateur la même offre en termes de compagnie et d’horaires, à 171 euros (nonobstant de mes 20 000 points de fidélité perdus)… Je fais remonter l’affaire à haut niveau de FINNAIR qui règle la chose de manière plutôt « fair play ». J’y reviendrai.

Les transferts aux aéroports parisiens… N’écoutez personne, car c’est une roulette russe qui peut soit vous porter en 22 minutes chrono en RER de la gare du Nord à CDG terminal 2, soit se transformer en cauchemar. J’ai vécu la seconde option : 2h30 en pleine journée pour relier Saint Quentin en Yvelines à l’aéroport, avec retards indéterminés etc.. etc.. Heureusement, mon vol étant prévu le lendemain à 7h20 du matin, j’avais opté pour une nuit à l’IBIS Roissy pôle (excellent choix).

Le comptoir pas très accueillant de GH TEAM

Paris Aéroport, GH Team et FINNAIR… Un trio plus ou moins gagnant. Étant arrivé la veille j’ai donc pu (re)-visiter Roissy. Coté infrastructure tout s’améliore chez Paris Aéroport (signalétique, propreté). Il reste bien des tapis roulants en panne (environ 1 sur 3 quand même) mais soyons équitables, la gare RER Roissy 1 est en plein travaux… On voit que cela bouge. GH Team réalise la maintenance ou la sous-traitance sur l’aéroport. Pour faire court, de nombreuses compagnies qui ne veulent plus « fréquenter » leurs passagers (trop coûteux !) font appel à cette société. FINNAIR a choisi cette option : résultat aucune âme de la compagnie ne peut vous venir sérieusement en aide. Vous avez un guichet de fabrication sûrement est-allemande avec Hygiaphone (voir photo) et un personnel plutôt expéditif et sans grande autonomie ni efficacité. 

Surprise… Pour réparer (exceptionnellement) mon histoire de tarif à géométrie variable, FINNAIR m’a fait un très beau cadeau…le surclassement ! Je suis donc devenu un passager Business ! Notons au passage que les applications FINNAIR et Paris Aéroport pour iPhone sont très efficaces et nous rendent plus facile la dématérialisation des cartes d’embarquement et le suivi des vols.

« Early Bird » … c’est l’expression consacrée par les américains pour qualifier les passagers  hyper matinaux, je me suis donc transformé en oiseau du matin pour tester le salon SheltAIR du terminal D de Roissy. Je me suis présenté à 5h30, 2 heures avant le décollage… Bon accueil, salon propre et net à la décoration plutôt réussie. Côté buffet … rien du tout ! Ni offre de presse d’ailleurs… Il faudra attendre 06h00 pour obtenir d’horribles viennoiseries en caoutchouc, le reste étant très correct. La presse sera livrée à 06h00 également. Remarque : toutes les échoppes de type PAUL étaient ouvertes dès 05h30 avec des croissants chauds… Cherchez l’erreur ?

Embarquement… En sous sol par bus, ce sera un peu « pagailleux » et la distinction « Business » sera totalement absente. Un grand bus bien complet avec petite attente en bas de passerelle. Rien de bien méchant mais rien de différenciant non plus : si j’avais payé le prix fort classe affaire peut-être aurais-je aimé un traitement différent. Même easyJet fait du Priority boarding, pourquoi pas FINNAIR ? Là aussi sous-traitance totale de GH TEAM. Nous arrivons à l’avion … opéré par NORRA! La compagnie est sous-traitant de FINNAIR sur cet axe à cette heure de la journée. L’appareil en question est un EMBRAER 190 immatriculé OH-LKE, âgé de 11 ans numéro de série 461 E14.

Le vol en Classe Affaires… Accueil très courtois avec placement en cabine dite « business ».  Au roulage rien de spécial, aucune attention. C’est à peine si on vous prend votre manteau pour le ranger dans un vestiaire. Départ ponctuel, roulage, décollage standard. Puis débute le service. Aucune distraction possible autre que la revue de FINNAIR, « Bluewings ».

Je ne peux pas m’empêcher de repenser à une publicité des grandes heures d’Air Liberté qui en concurrence avec Air France  se moquait des classes affaires basées uniquement sur un rideau que l’on déplaçait au gré du remplissage des passagers « business » !

Le service commence par une distribution de la presse (limitée aux Echos) et d’un oshibori froid (lingette de bienvenue de tradition japonaise) ! Puis distribution du plateau sans aucune nappe… Ce qui se pratique en Europe quand même parfois ! Le petit-déjeuner est copieux, bien présenté, chaud et le pain très correct. Présence efficace de l’hôtesse puis vers 11h00 je m’autorise un champagne matinal…

Le vol se déroulera parfaitement bien et l’atterrissage à Helsinki est « on time ».

Le transit à Helsinki est rapide pratique et efficace. Je repartirai sur Tallinn toujours sur un vol FINNAIR sous-traité par NORRA.

Le vol Helsinki-Tallinn sera opéré sur un ATR72-500 numéro de série 4601F8, âgé de 8 ans OH-ATK. L’avion est parfaitement adapté à ce vol qui dure de 20 à 25 minutes chrono !

Il n’y aura donc pas de service et, fait amusant, les passagers montent dans le bus sans aucune présence humaine sur le tarmac sitôt qu’il stoppe devant la porte d’embarquement au large ouvert! On sent bien qu’ici la responsabilité de chacun est engagée dans un esprit tout autre qu’au sud de notre Europe.

Le vol est impeccable, peu de passagers à bord, une petite vingtaine. Atterrissage parfait et roulage vers un magnifique petit aéroport avec débarquement « au contact » par passerelle télescopique.

  

Retour TALLINN-HELSINKI-CDG

Je commencerai par une assez large description de l’aéroport de Tallinn qui, sans aucune prétention, nous donne une leçon de confort…

En effet le trafic y est faible et cela donne tout de suite une impression « cosy » chaleureuse, comme au London City Airport.

Pour faire court l’aéroport se dote d’une piste de 3.480 mètres de long, d’un nouveau terminal, de beaux parkings et du tram directement relié au centre ville. Que demander de mieux ?

L’enregistrement ouvre 2 heures avant – sous-traité par Tallinn Airport pour NORRA, elle-même sous-traitant de FINNAIR qui d’ailleurs opère des vols en « code share » avec Air France… si vous n’êtes pas connaisseur, c’est un empilement de contradictions de grandes alliances (ici Skyteam et Oneworld) ultra-concurrentes qui, au final, s’entendent sur un vol de 22 minutes pour cumuler les marges. De quoi compliquer à souhait la vie des passagers qui n’y comprennent – il faut le dire – plus rien. Surtout en cas de litige, de perte de bagage, de retard ou de correspondance ratée… qui paiera ?

Le passage au contrôle de police est très sérieux, même strict (l’ambiance est un peu soviétique, peut-être liée au passé rouge du pays). Mais disons-le très efficace. Le meilleur que j’ai eu à subir peut-être en 71 pays visités sur 5 continents, c’est peu dire. Mais le plus sympathique est à venir avec la « déco » , ou plutôt les « décos » , des différents espaces du terminal départ.

Puis nous avons embarqué (du salon des Joueurs d’Echecs) vers notre ATR72-500, le même qu’à l’aller.

Transit à Helsinki : symbole d’une grande passion de FINNAIR pour le service à la nordique (attention les Finlandais ne sont pas scandinaves), son confort et ses services. J’arrive au salon Business. Petit florilège des ambiances et prestations:

Le dernier tronçon Helsinki Paris CDG se fera en business

C’est l’heure d’embarquer pour Paris… mais où se trouve donc la porte… ? Au milieu d’une cafétéria bondée… C’est sympathique mais plus que confus !

Porte 24. On passe tout seul avec le code barre de la carte, comme sur l’Eurostar. La Business embarque en premier – pas comme à CDG. Il est vrai que nous passons par une passerelle télescopique.

Le vol la cabine le service

Je suis à bord d’un Airbus A319-100, propriété de FINNAIR, âgé de 13 ans (2004) numéro de série 461F38 OH-LVK, ex immatriculation D-AVWB. Accueil plutôt sympathique et standard. Pas de prestation au roulage. Un petit écran au plafond bien capricieux passera son temps à se déployer et se refermer. En fait, il ne servira à rien du tout. Le vol est parfaitement ponctuel. C’est mon premier tronçon avec équipage et avion FINNAIR. La business est bien pleine avec 4 ou 5 passagers. L’économique est complète. Le vol se déroulera parfaitement bien avec un service sérieux, correct, généreux. Le repas chaud est de très bonne facture. Champagne et vin rouge de qualité. La place 1A est très confortable mais reste une place de classe économique Sur aucun de mes vols Business ne sera distribué de menu papier… Point amusant : la démonstration est faite à l’ancienne par l’hôtesse qui dépose par terre tous ses équipements de sécurité par manque de place. Aucune annonce faite en français sur ce retour, et rien du tout à l’aller. Arrivée à CDG très fonctionnelle.

Conclusion

L’industrie du transport aérien n’échappe pas à la tentation du « lean management », du « yield management », du « cost cutting », du cost optimization, du « business process outsourcing ». Ce sont les piliers financiers de l’optimisation ultra poussée des gains de productivité par la sous-traitance, la coupe des dépenses dans tous les recoins de l’entreprise conduisant à un marketing opérationnel désincarné de toute référence culturelle, en l’occurrence finlandaise.

Subsiste une image, la Finlande et FINNAIR la bien nommée, qui suggère une émotion en vue d’un comportement d’achat impulsif. Le message véhiculé étant du sérieux, du nordique, du fiable, du carré… alors que tout n’est que construction de mécano au travers des différents sous-traitants. Ne persiste que le nectar d’une ou deux impressions dans un décor qui joue sur l’imaginaire (le lounge d’Helsinki) et le logo de la compagnie nationale.

C’est bien joué. J’ai marché. Pire : j’ai finalement bien aimé.

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10 COMMENTAIRES

  1. Et tout ce reportage pour ça? je pensais que ce serait du long courrier… Mais en voyant vos photos, baliverne. Ils appellent ceci leur business. Foutage de gueule, ça oui. Un accord entre toutes les compagnies européennes, les mêmes sièges que l’éco avec celui du milieu neutralisé (sur famille des A320 et B737). J’ose à peine imaginer sur les EMJ et autre CRJ, car là pas de siège central. Seules Turkish Airlines et Aeroflot font fort dans ce domaine. Le plus? Le repas et le salon de la compagnie quand il existe…. Votre reportage ne nous apporte rien. Merci quand même. Serge

    • Goethe a dit ce que l on ne comprend pas on le juge… ne soyez pas trop dans un jugement hâtif … j ai abordé l angle de la tarification complexe aussi de l Estonie et de son aéroport en devenir .,,bien sûr des business en Europe… désolé que vous n ayez pas pu partager plus avec moi sur cette expérience.., J accepte votre déception

  2. un commentaire légèrement prétentieux , toutes les classes bussiness en Europe sont les mêmes… attendre un « menu papier » sur un vol HEL/CDG… n’importe quoi!

    • N importe quoi ?? Quasiment toutes les compagnies le font en business même en Europe… c est un signe de distinction que même le moindre petit bistrot comprend en présentant ne serait ce qu une ardoise crayonnée … maintenant Qatar propose le menu electroniquement sur écran iindividuel même en eco.., on peut rêver de l avoir dans une appli dédiée .., comme la météo ou les correspondances … il y a encore des progrès à faire sur le plan de la relation client

    • Merci …c est agréable !!! et honnêtement fait sans aucune prétention comme le pense d autre commentateur que de partager une expérience de fan de l aviation commerciale

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