17 pays d’Afrique vont suivre les avions par ADS-B satellitaire

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Aireon_Asecna
Asecna / Aireon

La société américaine Aireon fournira dès l’année prochaine ses données ADS-B satellitaires à l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA), qui regroupe 17 pays du continent africain. Ceci permettra une surveillance complète du trafic aérien dans une zone de plus de 16 millions de kilomètres carrés, améliorant l’efficience et la sécurité.

Aireon a annoncé le 9 janvier la signature d’un accord de services de données ADS-B satellitaires avec l’ASECNA. Créée en 1959 et basée à Dakar, l’Agence est l’un des plus grands fournisseurs de services de navigation aérienne (FSNA) d’Afrique, couvrant 16,1 millions de kilomètres carrés d’espace aérien, via six FIR (Flight Information Region – régions d’information de vol) : Antananarivo, Brazzaville, Dakar océanique, Dakar terrestre, Niamey et N’Djamena. À ce titre, l’ASECNA est responsable des services de trafic aérien dans une part significative du continent africain, gérant les routes entre l’Europe, l’Afrique de l’Est et du Sud, et l’Amérique du Sud.

De nombreux aéronefs sont équipés d’ADS-B mais les signaux qu’ils émettent sont captés aujourd’hui par des bases terrestres, ce qui limite leur réception lors du survol des étendues maritimes ou désertiques. “L’étendue du territoire dont est responsable l’ASECNA pose un immense défi en termes de surveillance, notamment parce qu’il n’est pas toujours possible d’installer ou de maintenir une infrastructure terrestre”,  a expliqué Mohamed Moussa, directeur général.

Aireon est la première société à fournir une technologie qui permettra de capter les signaux ADS-B en temps réel depuis l’espace. Elle s’appuiera sur les 66 satellites NEXT d’Iridium actuellement en cours de déploiement et couvrira ainsi la totalité du globe terrestre.

“Grâce à l’ADS-B basé dans l’espace d’Aireon, nous regardons vers l’avenir, en augmentant notre capacité et en fournissant une surveillance complète du trafic aérien en temps réel à nos compagnies aériennes”, a détaillé Mohamed Moussa. “Ceci fournira non seulement un niveau de disponibilité des services nettement supérieur, mais augmentera également significativement la sécurité, dans la mesure où les contrôleurs pourront visualiser tous les avions, en temps réel, au sein de l’espace aérien de l’ASECNA.”

Selon le PDG d’Aireon, Don Thoma, “pour la première fois, plus de la moitié de l’espace aérien africain fera l’objet d’une surveillance du trafic aérien en temps réel.”

L’ASECNA, dont les pays membres sont le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la République centrafricaine, les Comores, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Guinée-Bissau, la Guinée équatoriale, la FranceMadagascar, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo, rejoint d’autres FSNA africains dans le cadre du déploiement d’ADS-B basés dans l’espace. La société Air Traffic and Navigation Services (ATNS) d’Afrique du Sud et l’Autorité de l’aviation civile des Seychelles (SCAA) ont également signé des accords au cours des 18 derniers mois.

Le suivi des avions s’est imposé comme un enjeu majeur pour la sécurité du transport aérien après la disparition du vol MH370 de Malaysia Airlines dans l’océan Indien en 2014, et les difficultés à localiser l’épave du vol AF447 d’Air France dans l’océan Atlantique en 2009.

Avantages de la technologie de l’ADS-B par satellites, selon l’ASECNA :
  • La visualisation du trafic aérien dans tout l’espace aérien ASECNA ; ce qui permettra d’assurer une efficacité dans la gestion de ce trafic ;
  • La facilité des opérations d’alerte, de recherche et de sauvetage des vies humaine en cas de sinistre ;
  • Le maintien d’un niveau de sécurité élevé par l’anticipation de la détection des conflits grâce à la visualisation et leur résolution à temps permettant ainsi la réduction des incidents aériens ;
  • L’échange des données de surveillance avec les centres voisins afin de faciliter les coordinations de trafic aérien ;
  • Accroissement de la capacité de son espace aérien ;
  • Sécurité renforcée de l’espace par l’association de la phonie et de la visualisation ;
  • Réduction des couts de la maintenance avec le remplacement progressif des moyens de surveillances traditionnels très couteux en maintenance (ADS-B terrestre, radars, etc.) par des moyens plus économiques ;
  • Réduction des coûs pour les compagnies aériennes.
  • En déployant cette technologie, l’agence entend assurer son positionnement pour un ciel unique pour l’Afrique.
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Aireon

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