Emirates : 150 777X seulement si le Ciel ouvert est maintenu

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Visuel Boeing

Emirates Airline a prévenu les États-Unis qu’une remise en cause du traité “Ciel ouvert” avec les Émirats arabes unis aurait de lourdes conséquences pour l’industrie américaine. La compagnie aérienne de Dubaï pourrait revoir, ou annuler, sa commande de 150 Boeing 777X.

Depuis bientôt trois ans, les trois principales compagnies américaines, American Airlines, Delta Air Lines et United Airlines, font pression sur Washington pour contrer l’expansion des compagnies du Golfe aux États-Unis. Emirates Airline, Etihad Airways et Qatar Airways sont accusées d’avoir reçu de leur gouvernement respectif plus de 40 milliards de dollars de subventions, ce qui fausserait la concurrence “saine et loyale” et contreviendrait aux accords “Ciel ouvert” signés par les États-Unis avec les Emirats arabes unis en 1999 et avec le Qatar en 2001. Réunies au sein de l’association Partnership for Open & Fair Skies, les trois Majors américaines demandent que ces traités soient revus. Face à cette menace, Emirates Airline sort l’artillerie lourde.

“Les compagnies aériennes américaines doivent se rappeler que nous n’avons pas franchi la ligne d’un pouce en ce qui concerne que nous sommes autorisés à faire,” a assuré le président de la compagnie, Tim Clark, lors d’une interview avec le Business Insider.

Le dirigeant a poursuivi en soulignant que Boeing a bénéficié des multiples accords “Ciel ouvert” signés par les États-Unis ces dernières années (120 au total). Aux yeux du patron britannique d’Emirates, ces accords stimulent la croissance du trafic aérien et donc les commandes d’avions.

Emirates est d’ailleurs un client important de Boeing. La compagnie est non seulement le premier opérateur mondial du 777 avec près de 170 exemplaires en service, mais elle a également signé un engagement d’achat pour 40 787-10 à l’automne dernier et surtout une commande ferme pour 150 777X en 2013.

Interrogé sur le sort de cette commande si le “Ciel ouvert” avec les Émirats arabes unis était remis en cause, Tim Clark a répondu :“je n’aurai certainement pas besoin de ces 150 avions”.

À elle seule, Emirates représente presque la moitié des commandes totales du 777X. La perte de ce contrat record, évalué à l’époque à 56 milliards de dollars, serait donc un mauvais coup pour Boeing, mais aussi pour le motoriste américain GE Aviation qui doit fournir les moteurs GE9X des appareils et assurer leur maintenance pendant douze ans.

Les déclarations de Tim Clark interviennent alors que les États-Unis sont parvenus le mois dernier à amender leur accord “Ciel ouvert” avec le Qatar. La compagnie Qatar Airways devra faire preuve d’une plus grande transparence financière et renoncer à utiliser ses droits de cinquième liberté.

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