Brexit : l’UE veut éviter un interruption “absurde” des vols avec le Royaume-Uni

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Photo CC0 Joel & Jasmin Førestbird / Unsplash

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, veut engager des négociations avec Londres “dès que possible” pour éviter une conséquence “particulièrement absurde” du Brexit que serait l’interruption des vols entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

À un an du Brexit, Ryanair n’est plus seule à évoquer une interruption temporaire des vols entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Londres et Bruxelles doivent négocier en temps utile un traité qui remplace l’adhésion du Royaume-Uni au Ciel ouvert européen à partir de la fin mars 2019.

Mercredi 7 mars 2018, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a également laissé craindre le pire si aucun accord n’est trouvé. “Nous sommes déterminés à éviter cette conséquence particulièrement absurde du Brexit que serait l’interruption des vols entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Pour ce faire, nous devons entamer des discussions à ce sujet dès que possible,” a-t-il déclaré en présentant le projet d’orientations de l’Union européenne pour ses relations futures avec le Royaume-Uni.

Ces orientations prévoient un accord de libre-échange entre les deux parties, qui reste cependant à finaliser. Donald Tusk ne laisse planer aucun doute. “Il s’agira du premier accord de libre-échange de l’histoire qui distend des liens économiques au lieu de les resserrer. Il rendra (les échanges) plus complexes et plus coûteux qu’aujourd’hui, et ce pour tous. Telle est l’essence même du Brexit,” a-t-il déclaré.

Vers un accord aérien plus restrictif que le Ciel ouvert

Reste à connaître les répercussions pour le transport aérien. Dans un communiqué commun, l’Association des aéroports européens, ACI Europe, et l’Association des aéroports britanniques, l’AOA, se sont félicitées que le projet d’orientations européen entende “protéger” la connectivité aérienne entre le Royaume-Uni et l’Europe. “C’est une étape bienvenue (…) qui réduit potentiellement l’incertitude pour notre secteur”, ont noté les deux organisations.

Toutefois, ACI Europe et AOA ont souligné que le projet d’orientations ne prend pas en compte le droit des compagnies aériennes britanniques de voler à l’intérieur de l’Union européenne après le Brexit. Et réciproquement, les compagnies européennes devraient perdre le droit de voler à l’intérieur du Royaume-Uni.

Les transporteurs ont déjà anticipé ces changements. L’irlandaise Ryanair a demandé une licence britannique, et la britannique easyJet tente de modifier sa structure actionnariale.

Mais selon ACI Europe et AOA, les restrictions de trafic “aboutiraient à une moindre compétitivité du secteur aéronautique européen dans son ensemble en raison d’une flexibilité d’exploitation réduite et de coûts supplémentaires.”

Soulignant que le transport aérien est “l’une des réussites les plus marquantes de l’Union européenne,” les deux organisations ont appelé les négociateurs européens et britanniques à trouver un accord qui reflète “aussi étroitement que possible” les conventions en place aujourd’hui.

Outre les droits de trafic, l’Union européenne et le Royaume-Uni vont devoir trouver un accord sur la sécurité aérienne. L’appartenance du Royaume-Uni à l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) est en jeu, et pour l’instant, rien n’indique qu’elle sera maintenue après le Brexit.

1 COMMENTAIRE

  1. L’Europe a moins besoin des vols Europe —> UK alors que l’UK a bien plus besoin des vols UK —> l’Europe !
    Donc laissons faire le premier pas à ceux qui ont fait le CHOIX de cette situation et non pas à l’Europe de se mettre en position de faiblesse et demandeuse !
    Laissons donc venir les Anglais, ils y seront bien obligés !

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